Protection contre l'expulsion en France

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Source : Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 15 et 24 ; Code des procédures civiles d'exécution, articles L411-1 à L412-8

Rédigé en langage simple pour une compréhension générale. Ce contenu est éducatif et ne constitue pas un conseil juridique. Basé sur les textes de loi et sources officielles françaises. Chaque article est relu pour en garantir l'exactitude avant publication. Notre processus éditorial

Droit national français

De quoi s'agit-il ?

Un principe central, hérité de l'abbé Pierre et du grand hiver de 1954 : en France, un propriétaire ne peut jamais vous expulser de sa propre main. Même avec dix mois d'impayés. Même après la fin du bail. Toute expulsion doit passer par un jugement, puis par un commissaire de justice (la profession qui regroupe huissiers et commissaires-priseurs depuis le 1er juillet 2022) qui exécute la décision avec, le plus souvent, le concours de la force publique.

Deuxième garde-fou : la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars. Pendant ces cinq mois, aucune expulsion ne peut être exécutée — la procédure peut continuer, le jugement peut tomber, mais personne ne sort sous la pluie de novembre. Les exceptions sont étroites : squatteurs (depuis la loi Kasbarian de 2023), relogement assuré, immeuble en péril.

Troisième levier : le délai de grâce de l'article 1343-5 du Code civil, étendu à 3 ans en matière d'expulsion. Le juge peut le prononcer si votre situation le justifie — perte d'emploi, maladie, enfants scolarisés, attente d'un logement social. Il faut le demander, expressément, et étayer.

Quand est-ce applicable ?

  • Votre propriétaire vous a envoyé un commandement de payer par commissaire de justice — c'est la première étape avant toute action judiciaire.
  • Vous avez reçu un congé (préavis de fin de bail) pour vente, reprise ou motif sérieux.
  • Vous avez reçu une assignation au tribunal pour loyers impayés ou autre motif de résiliation.
  • Un jugement d'expulsion a été prononcé — vous gardez encore plusieurs leviers (délai de grâce, trêve hivernale, recours).
  • Nous sommes entre le 1er novembre et le 31 mars et la trêve hivernale s'applique.

Que faire si votre propriétaire cherche à vous expulser ?

L'erreur la plus coûteuse face à une procédure d'expulsion, c'est le silence. Chaque courrier ignoré joue contre vous le jour du procès.

  • Répondez à tout — par écrit. Une lettre simple suffit pour formaliser une demande d'échéancier ou contester un montant. Conservez la copie.
  • Déposez un dossier de surendettement à la Banque de France si la dette dépasse vos capacités de remboursement. La recevabilité suspend les poursuites individuelles, dont l'expulsion (sauf décision contraire).
  • Contactez immédiatement le CCAS de votre commune et le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) — ils peuvent verser une aide d'urgence pour solder une partie de la dette.
  • Demandez un délai de grâce au juge dès l'audience, ou plus tard si elle est passée — jusqu'à 3 ans en matière d'expulsion. Apportez un dossier : avis de Pôle emploi/France Travail, attestations sociales, démarches de relogement.
  • Consultez l'ADIL ou un avocat. La plupart des ADIL ont des permanences gratuites en mairie ou en préfecture ; certaines associations (DAL, Fondation Abbé Pierre) interviennent aussi.

Ce qu'il ne faut PAS faire

  • Ne quittez jamais le logement sur simple demande, même écrite, même menaçante. Seul un commissaire de justice porteur d'un titre exécutoire peut procéder à l'expulsion.
  • N'ignorez pas une convocation au tribunal. Le juge peut statuer en votre absence — la décision sera plus dure, et la voie d'opposition est plus étroite.
  • Ne changez pas les serrures et ne dégradez pas le logement. Cela constitue une infraction et renforce le dossier adverse.
  • Ne refusez pas un plan d'apurement amiable proposé par le bailleur ou un médiateur. L'accord négocié reste presque toujours préférable au jugement.

Questions fréquentes

Un propriétaire peut-il m'expulser sans décision de justice ?

Non. Un propriétaire ne peut pas vous mettre dehors de sa propre initiative. Toute expulsion doit passer par une décision de justice. Même en cas de loyers impayés, le propriétaire doit saisir le tribunal, obtenir un jugement, puis faire appel à un huissier de justice. Ne quittez jamais le logement sur simple demande verbale ou écrite.

Qu'est-ce que la trêve hivernale en France ?

La trêve hivernale court du 1er novembre au 31 mars. Pendant cette période, aucune expulsion locative ne peut être exécutée, sauf dans de rares cas (squatteurs, relogement assuré). Vous restez dans le logement même si un jugement d'expulsion a été prononcé. La procédure judiciaire peut toutefois être engagée pendant la trêve ; seule l'exécution est suspendue.

Peut-on obtenir un délai de grâce en cas d'expulsion ?

Oui. Le juge peut accorder un délai de grâce allant jusqu'à 3 ans si vous êtes dans une situation difficile (perte d'emploi, maladie, enfants à charge). Vous pouvez le demander même après le jugement d'expulsion. Saisissez aussi la commission de surendettement, le CCAS ou une association de locataires comme l'ADIL pour obtenir des aides et un accompagnement.

Quand est-ce applicable — protection contre l'expulsion ?

Votre propriétaire vous a envoyé un commandement de payer par commissaire de justice — c'est la première étape avant toute action judiciaire.Vous avez reçu un congé (préavis de fin de bail) pour vente, reprise ou motif sérieux.Vous avez reçu une assignation au tribunal pour loyers impayés ou autre motif de résiliation.Un jugement d'expulsion a été prononcé — vous gardez encore plusieurs leviers (délai de grâce, trêve hivernale, recours).Nous sommes entre le 1er novembre et le 31 mars et la trêve hivernale s'applique.

Que dois-je faire si mon propriétaire menace de m'expulser de mon logement ?

L'erreur la plus coûteuse face à une procédure d'expulsion, c'est le silence. Chaque courrier ignoré joue contre vous le jour du procès.Répondez à tout — par écrit. Une lettre simple suffit pour formaliser une demande d'échéancier ou contester un montant. Conservez la copie.Déposez un dossier de surendettement à la Banque de France si la dette dépasse vos capacités de remboursement. La recevabilité suspend les poursuites individuelles, dont l'expulsion (sauf décision contraire).Contactez immédiatement le CCAS de votre commune et le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) — ils peuvent verse...

Ce qu'il ne faut PAS faire — protection contre l'expulsion ?

Ne quittez jamais le logement sur simple demande, même écrite, même menaçante. Seul un commissaire de justice porteur d'un titre exécutoire peut procéder à l'expulsion.N'ignorez pas une convocation au tribunal. Le juge peut statuer en votre absence — la décision sera plus dure, et la voie d'opposition est plus étroite.Ne changez pas les serrures et ne dégradez pas le logement. Cela constitue une infraction et renforce le dossier adverse.Ne refusez pas un plan d'apurement amiable proposé par le bailleur ou un médiateur. L'accord négocié reste presque toujours préférable au jugement.

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