Rétention administrative

Source : CESEDA, articles L741-1 à L744-17 ; articles R741-1 à R744-44

Rédigé en langage simple pour une compréhension générale. Ce contenu est éducatif et ne constitue pas un conseil juridique. Basé sur les textes de loi et sources officielles françaises.

Droit français

De quoi s'agit-il ?

La rétention administrative est le placement d'un étranger dans un centre de rétention administrative (CRA) en vue de son éloignement du territoire français. Ce n'est pas une prison : il ne s'agit pas d'une sanction pénale, mais d'une mesure administrative. Vous conservez vos droits fondamentaux pendant toute la durée de la rétention.

Le placement initial est décidé par le préfet pour une durée de 48 heures. Au-delà, seul le juge des libertés et de la détention (JLD) peut prolonger la rétention. La durée maximale totale est de 90 jours. Le JLD intervient à 48 heures, puis à 30 jours, et enfin à 60 jours.

Pendant votre rétention, vous avez accès à un avocat (gratuit via l'aide juridictionnelle), à un médecin, au consulat de votre pays et aux associations habilitées comme la CIMADE ou Forum Réfugiés qui assurent une permanence dans les centres.

Quand est-ce applicable ?

  • Vous faites l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et l'administration estime que vous risquez de ne pas partir volontairement.
  • Vous êtes en situation irrégulière et interpellé(e) par la police lors d'un contrôle.
  • Votre demande d'asile a été rejetée définitivement et vous n'avez pas quitté le territoire.
  • Vous avez fait l'objet d'un arrêté d'expulsion pour trouble grave à l'ordre public.

Que devez-vous faire ?

  • Demandez immédiatement à voir un avocat — vous y avez droit dès le début de la rétention. L'aide juridictionnelle est gratuite.
  • Contactez la CIMADE ou l'association présente dans le centre — elle peut vous aider à comprendre vos droits et à préparer votre défense.
  • Contestez la décision devant le JLD — le juge vérifie la régularité de la procédure et peut ordonner votre libération si vos droits n'ont pas été respectés.
  • Contactez votre consulat si vous le souhaitez — c'est un droit, pas une obligation.
  • Demandez un examen médical si votre état de santé l'exige — un médecin doit être disponible dans le centre.

Ce qu'il ne faut PAS faire

  • Ne signez aucun document sans comprendre son contenu — demandez une traduction si nécessaire.
  • Ne refusez pas de vous présenter devant le JLD — c'est votre meilleure chance d'obtenir votre libération.
  • Ne tentez pas de vous évader — c'est une infraction pénale qui peut aggraver votre situation.
  • Ne renoncez pas à vos droits sous la pression — vous avez le droit de contester chaque prolongation de rétention.

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